Le bio en poupe dans les vignobles du Val de Loire

Les vignerons du Val de Loire qui tenaient leur salon cette semaine sont de plus en plus nombreux à se mettre au "bio" pour répondre à la demande insatisfaite et en forte hausse des consommateurs pour des produits plus sains.Au salon des vins de Loire qui s'achève mercredi à Angers, on se bousculait autour du stand des vins "issus de l'agriculture biologique", où les crus d'une soixantaine de vignerons étaient en libre dégustation.

"Il y a cinq ans, nous n'avions que vingt exposants. C'est un indicateur", explique Sébastien Bonduau, animateur de la Coordination Agrobiologique, chargé de promouvoir le bio dans ces vignobles qui étalent leur diversité sur près de 400 km entre Nantes et Sancerre. Depuis 2005, on constate une explosion des surfaces de vignes en "conversion", c'est à dire les propriétés ayant commencé à respecter la réglementation bio pour les trois ans nécessaires avant d’obtenir la certification. Sont interdits notamment tout produit chimique de synthèse pour l'engrais et les traitements de la vigne.

En Val de Loire, ces surfaces ont progressé de 50% entre 2006 et 2007, passant de 600 à 900 ha. Elles avaient déjà doublé entre 2005 et 2006 après plusieurs années de stagnation. "Cette année, de nombreux cavistes et importateurs nous disent « on vient  vous voir parce que vous faites du bio », on n'avait jamais connu ça auparavant", témoigne Evelyne de Pontbriand, du domaine du Closel (appellation Savennières), certifié Ecocert.

"On a une offre déficitaire par rapport à la demande", souligne Philippe Delesvaux, propriétaire de 10 ha en Anjou et Côteaux du Layon, et membre de la commission export de l'interprofession Interloire. Vigneron depuis 30 ans, il a "toujours été bio" mais a attendu l'an 2000 pour se faire certifier "parce que ça m'énervait de devoir payer pour dire +je suis propre+ alors que les pollueurs ne paient pas". Selon lui, "on est passé des gens qui font du bio par conviction à des gens qui font du bio par intérêt" en dépit de coûts de revient plus élevés car il faut plus de main d'œuvre pour des rendements plus faibles. "Certains grands opérateurs commencent à s'y intéresser, depuis très peu de temps, car la grande distribution a besoin de vins bio dans les rayons. Certains marchés d'exportation tirent aussi la demande, notamment en Europe du Nord, Allemagne", constate M. Bonduau. "Depuis que la marque AB (agriculture biologique) a été autorisée sur les bouteilles de vin, au 1er janvier 2005, mon chiffre d'affaires a progressé de 15% par an", témoigne Maurice Forest du domaine de Rochambeau (Anjou) passé au bio en 1998. "Non seulement je suis plus fier de ce que je fais, mais en plus ça marche"!

Selon plusieurs professionnels, la publication dans la presse en 2008 d'études dénonçant les résidus de pesticides dans le vin, à des doses plusieurs milliers de fois supérieures à ce qui est autorisé dans l'eau potable, a créé un choc dans l'opinion. Par ailleurs, les risques de cancers liés aux pesticides pour les agriculteurs sont désormais reconnus. "Les gens commencent à comprendre que les pesticides sont une cochonnerie", se félicite Didier Chaffardon, un petit vigneron écolo de l'Anjou.
 

Source : http://www.agrisalon.com/06-actu/article-21797.php

 

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