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Au coeur des fermes de Catherine et Mathieu...

Mardi 24 mars, les fermes de Catherine Carré et Mathieu Fleury ont reçu la visite d’un groupe de 32 agents du Centre INRA de Paris.

Le Centre INRA de Paris regroupe le siège de l’Institut ainsi que 8 unités de recherche dans les domaines des sciences sociales, de l’alimentation et des mathématiques et informatique appliquées. Etaient ainsi présents des chercheurs en sciences humaines, des comptables, des gestionnaires, des responsables des ressources humaines…
Deux visites sont organisées chaque année pour les agents INRA du Centre de Paris (y compris ses unités situées en région parisienne). Généralement, chaque visite est effectuée sur l’un des 21 Centres de l’INRA situés en Région pour permettre aux agents de découvrir la diversité des métiers et des thématiques de recherches, mais cette fois-ci ce sont deux fermes biologiques fournissant les Paniers du Val de Loire qui ont été sollicitées.

En effet, à l’initiative de sa Présidente, le Centre INRA de Paris s’est engagé depuis 2005 dans une démarche d’actions et de sensibilisation de ses agents à l’Eco-responsabilité. Cette démarche se voit renforcée cette année par une politique nationale au niveau de l’INRA mise en place suite à la circulaire ministérielle dite « d’exemplarité de l’Etat en matière d’écoresponsabilité » (Pour en savoir plus sur la circulaire ministérielle : http://www.fonction-publique.gouv.fr/IMG/20081203_Circulaire_5351_SG.pdf).
C’est également depuis 2005 que l’Unité MaR/S (Mission d’anticipation Recherche / Société et développement durable), qui fait partie du Centre INRA de Paris a ouvert un point de dépôt des Paniers du Val de Loire. Les contacts instaurés depuis entre l’INRA et les Paniers Val de Loire ont donc permis de faire émerger l’idée de visiter des fermes adhérentes, afin de sensibiliser les salariés du centre INRA aux pratiques de l’agriculture biologique.

Voici ci-dessous un bref retour sur les propos de Catherine et de Mathieu, lors des visites effectuées :

Visite de la ferme de Catherine Carré à Saint Hilaire Saint Mesmin (45)

Catherine a expliqué l’engagement de longue date de la ferme des Perrières dans le bio, datant de ses beaux-parents. Elle a expliqué l’importance que chacun mette en œuvre des actions éco-citoyennes à son niveau, et cela passe pour elle par la pratique de l’agriculture biologique sur sa ferme.

Catherine a également évoqué la spécificité des pratiques du maraîchage et de l’arboriculture biologique qu’elle met en œuvre sur sa ferme, par rapport aux pratiques conventionnelles. En arboriculture, elle a notamment évoqué la diffusion d’hormones pour chasser les prédateurs, l’application de produits d’origine naturelle et d’algues pour lutter contre les maladies et les champignons, le rôle de sa basse-cour dans la maîtrise de l’enherbement du verger, le recours à la main d’œuvre pour décharger les arbres du trop plein de fruits en substitution du recours aux produits chimiques…

En maraîchage biologique, elle a évoqué l’importance du recours à la matière organique pour la fertilisation du sol, la pratique de rotation pour préserver la fertilité et la santé des sols, la maîtrise de l’enherbement par le recours à des pratiques spécifiques (type faux-semis), du matériel spécifique (bineuse à brosse, désherbeur thermique…) et de la main d’œuvre. Pour les différents travaux à réaliser en arboriculture et maraîchage, Catherine emploie ainsi sur sa ferme l’équivalent de 7 emplois temps plein et est heureuse de pouvoir mener une agriculture paysanne qui crée de l’emploi localement.

 Ces pratiques nécessitent un niveau éleveur de technicité de la part du producteur et induisent un prix de revient pour les légumes et les fruits biologiques plus élevé que pour les produits conventionnels…

Catherine a conclu sur l’importance que chaque consommateur prenne conscience de consacrer le juste prix pour s’alimenter avec des produits biologiques de qualité et respectueux de l’environnement.

 

 

 Visite de la ferme de Mathieu Fleury à Ouvrouer les champs (45)

Mathieu s’est installé il y a bientôt 4 ans. Il a évoqué les difficultés initiales lors de son installation, notamment les lourdeurs administratives pour l’obtention d’une aide pour les jeunes agricultures (DJA) et le scepticisme de l’époque des partenaires techniques et financiers sur l’agriculture biologique, ce qui tend à changer depuis.

Il a cependant rappelé sa chance d’obtenir du foncier au bout de 3 mois de recherche, là où la plupart des porteurs de projet à l’installation mettent plutôt 2 à 3 ans.

Mathieu poursuit les investissements sur sa ferme et considère donc être toujours dans une période d’installation tant que ces investissements ne seront pas réalisés. Il est notamment en cours de montage d’une serre de 2000m², matériel obtenu avec une aide de la Région Centre dans le cadre de son adhésion à Val Bio Centre, et qui lui servira à augmenter sa capacité de production et optimiser son système. Il projette également la construction d’un hangar à l’hiver prochain pour le stockage de son matériel et de sa production. Etant tout seul sur sa ferme, il souligne l’importance de l’aide familiale apportée par son père et son grand-père. Avec ces investissements, il espère rapidement pouvoir avoir la capacité financière d’employer un salarié à temps partiel. Outre sa production maraîchère variée, Mathieu a également décrit son activité d’apiculteur. Il a notamment évoqué les soucis de mort des abeilles et de perte de productivité, liées pour partie à la pollution par les pesticides et l’apparition de maladies et prédateurs dont le réchauffement climatique pourrait être responsable. Il s’inquiète beaucoup pour l’avenir de l’apiculture, qui devient de moins en moins rentable. Il poursuit néanmoins cette activité, par passion mais aussi parce qu’il la juge fondamentale pour le maintien de la pollinisation et donc de la vie de tous les écosystèmes.

 

En conclusion, tout deux ont donc évoqué la passion de leur métier d’agriculteur biologique, qui leur permet de nourrir les consommateurs avec des produits sains et de qualité, dans des systèmes respectueux de l’Homme et de l’environnement. Tout deux ont également profité de l’occasion pour appeler l’INRA à consacrer plus de moyens pour la recherche sur les techniques de l’agriculture biologique, qui représente pour eux une voie d’avenir pour l’agriculture face à la nécessaire réduction de l’emploi des pesticides imposée de fait par la réglementation européenne et face à la nouvelle demande sociétale liée à la prise de conscience des enjeux sociaux et environnementaux.

 

 

Vous pouvez retrouver la description complète des fermes de Catherine et Mathieu sur notre site internet à la rubrique « présentation / les producteurs »
 

 

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