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Triste confirmation...

 

Extrait du Nouvel Observateur n°2498

du 20 au 26 septembre 2012

 

 

Révélation : l’étude qui change tout

Oui, les OGM sont des poisons

 

Deux cents rats nourris au maïs transgénique pendant deux ans, et suivis jour après jour en laboratoire, c’est l’expérience inédite à laquelle s’est livrée dans le plus grand secret une équipe de chercheurs français. Résultats ? Dévastateur pour les OGM

 

C’est une véritable bombe que lance, ce 19 septembre à 15 heures, la très sérieuse revue américaine « Food and Chemical Toxicology » - une référence en matière de toxicologie alimentaire – en publiant les résultats de l’expérimentation menée par l’équipe du Français Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen. Une bombe à fragmentation : scientifique, sanitaire, politique et industrielle. Elle pulvérise, en effet une vérité officielle : l’innocuité du maïs génétiquement modifié. Même à faible dose, l’OGM étudié se révèle lourdement toxique et souvent mortel pour des rats. A tel point que, s’il s’agissait d’un médicament, il devrait être suspendu séance tenante dans l’attente de nouvelles investigations. Car c’est ce même OGM que l’on retrouve dans nos assiettes, à travers la viande, les œufs ou le lait. …

…Tous les groupes de rats, qu’ils soient nourris avec le maïs OGM traité ou non au Roundup, l’herbicide de Monsanto, ou encore alimentés avec une eau contenant de faibles doses d’herbicides présent dans les champs OGM, sont frappés par une multitude de pathologies lourdes au 13ème mois de l’expérience. Chez les femelles, cela se manifeste par des explosions en chaîne de tumeurs mammaires qui atteignent parfois jusqu’à 25% de leur poids. Chez les mâles, ce sont les organes dépurateurs, le foie et les reins, qui sont atteints d’anomalies marquées ou sévères. Avec une fréquence de deux à cinq fois plus importante que pour les rongeurs nourris au maïs sans OGM. …

…C’est forte de ces conclusions que Corinne Lepage, dans un livre qui paraît ce vendredi (1), entend bien exiger des comptes auprès des politiques et des experts, français et européens, des agences sanitaires et de la Commission de Bruxelles, qui se sont si longtemps opposés et par tous les moyens au principe d’une étude de longue durée sur l’impact physiologique des OGM. Cette bataille, l’ex-ministre de l’Ecologie et première vice-présidente de la commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire à Strasbourg la mène depuis quinze ans au sein du Criigen (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique) avec Joël Spiroux et Gilles-Eric Séralini. Une simple association de loi 1901 qui a pourtant été capable de réunir de bout en bout les fonds de cette recherche (3,2 millions d’euros) que ni l’Inra, ni le CNRS, ni aucun organisme public n’avaient jugé judicieux d’entreprendre. …

L’étude du professeur Séralini laisse donc présager une nouvelle guerre meurtrière entre pro et anti-OGM. Les agences sanitaires exigeront-elles de toute urgence des études analogues pour vérifier les conclusions des scientifiques français ? Ce serait bien le moins. Monsanto, la plus grande firme mondiale de semences transgéniques laissera-t-elle faire ? Peu probable : sa survie serait en jeu. Pour une seule plante OGM, il y a une centaine de variétés. Ce qui impliquerait au moins une dizaine d’études de 100 à 150 millions d’euros chacune !

Sauf que, dans cette nouvelle confrontation, le débat ne pourra plus s’enliser comme par le passé.

 

(1) »La vérité sur les OGM, c’est notre affaire », par Corinne Lepage, Editions Charles Léopold Mayer.

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