• Salade
  • Betterave botte
  • Courgette
  • Pomme de terre primeur
  • Fraise
 
 

La gazette des champs :

Hiver pluvieux, tracteur furieux

 

Quoi de neuf chez nous ?

Eh bien surtout du soleil, et il était temps. Les sols ont été gorgés d’eau pendant tout l’hiver : impossible de sécher avec ces averses continues qui nous sont tombées dessus ces derniers mois. Les jours rallongent, le soleil se montre et ça fait du bien ! Les plantes, tout comme nous, en avaient grand besoin.

 

Le problème majeur de cette météo hivernale déprimante, c’est que nos vaillants maraîchers ne peuvent pas entrer dans leurs parcelles en tracteur afin de commencer à travailler le terrain. L’inquiétude était donc grande ces derniers temps, car il faut en agriculture biologique bien préparer ses sols avant d’y implanter les cultures, afin notamment de développer un enracinement le plus important possible. La conséquence de cette météo désastreuse, c’est donc d’accumuler de terribles retards dans les plannings de production. On ne crie pas encore victoire, mais la situation s’améliore et permet d’être plus optimiste. Encore une fois, heureusement que nos maraîchers sont équipés de tunnels qui permettent de sécuriser la production en s’affranchissant en partie de ces aléas climatiques.

Classiquement, les premiers tracteurs pétaradent dans la première quinzaine de février dans notre région : aération des sols et destruction des engrais verts d’hiver sont les premières opérations réalisées. Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne car la nature des sols est très diverse selon les secteurs : il y a les bienheureux du Val de Loire qui bénéficient de terres sablonneuses particulièrement drainantes, ce qui permet de réaliser les premières interventions très peu de temps après les pluies. Ces terrains sont appelés « passoires » ou « chasses d’eau ». Le roi du sable est incontestablement Jean Michel Morand à Saint Claude de Diray : ses terrains super drainants lui permettent de récolter poireaux et carottes tout l’hiver sans massacrer le sol… un sérieux avantage. Ses sables sont tellement profonds qu’ils autorisent la fameuse culture de l’igname, l’emblématique production de Saint Claude. En revanche, des étés secs seront sources d’ennuis pour Jean Michel qui devra redoubler d’efforts et de vigilance pour que ses plantes ne manquent pas d’eau : trop filtrant, le sable ne retient quasiment pas l’eau.

 

A l’inverse des « passoires », on trouve les terres « amoureuses ». Amoureuses oui, parce que quand on marche dessus en plein hiver, elle nous colle aux bottes. Les terrains de Beauce sont de ce type, mais on en trouve également en Touraine, dans le Berry, en Sologne… Moins adaptées à priori pour le maraîchage, elles ne permettent pas de travailler les sols tôt en saison : après les pluies, il faut être très patient et attendre que ça sèche… Adieu donc les productions primeurs dans ces secteurs ! La conservation des légumes d’hiver en plein champ est également plus délicate: les sols gardent beaucoup plus l’humidité, ce qui augmente les risques de pourriture. La contrepartie ? Des légumes souvent plus savoureux (n’en parlez pas aux maraîchers des sables… le sujet du gustatif est parfois sensible !), une fertilité naturellement plus importante et une bonne rétention de l’eau.

 

Bien entendu, nos planifications tiennent compte de ces particularités. Les sols sableux sont plus propices à la production de racines (panais, radis et carottes y poussent et s’y conservent mieux), tandis que les terres amoureuses seront fort appréciées des choux par exemple. Les légumes feuilles comme les salades auront également une meilleure conservation post-récolte dans les terres plus lourdes, car elles poussent moins vite que dans le sable.

 

Bref, même si certains ne sont pas prêts de sortir le tracteur du hangar cette année, tout le monde peut heureusement trouver sa place dans les paniers.

Edouard

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