Si en avril trop de pluie, le maraîcher s’ennuie


Chers amis bio-consommacteurs, à défaut d’être réjouissantes, les nouvelles sont toutefois plutôt bonnes : il semblerait en effet que cette vague de temps maussade ait pris fin ce weekend. Les températures ont donc enfin remonté, pour notre plus grand soulagement.

Quelques chiffres pour mettre en évidence l’impact prépondérant du climat sur notre activité.

 

En région Centre, le retard est estimé à 15-20 jours. Jugez plutôt : la première semaine d’avril, la moyenne hebdomadaire de température a été de 4°C, c'est-à-dire bien en-dessous des seuils minimum de croissance de la plupart des espèces que nous cultivons. Pour le radis et l’épinard, deux espèces pourtant très rustiques au froid, le « zéro végétatif » est à 5°C. En-dessous de ce seuil, encéphalogramme plat, activité et croissance zéro pour nos petits légumes. Autant dire que ça n’avance pas beaucoup dans les champs… L’euphorie du printemps, petits oiseaux et fleurs épanouies, se fait donc attendre.

 

Pire encore, les gelées de la semaine dernière (jusqu’à -5°c dans la nuit) ont causé des dégâts sur certaines plantations de tomate. C’est Patrick Maliet, producteur en Sologne qui semble le plus touché avec 20 % des plants grillés par le gel, malgré les précautions prises (voiles de protection).

 

Autre mauvaise nouvelle : les maladies, qui causent de sévères dégâts à certaines de nos cultures. Les champignons profitent de ce temps humide et de la faiblesse des plantes. Carencées par le manque de lumière et stressées par le froid, celles-ci sont moins résistantes. Les radis qui se cultivent habituellement sans trop de problème sont cette saison fortement touchés par le mildiou qui détériore la qualité du feuillage. Veuillez ainsi nous excuser par avance si certaines des bottes que vous recevrez présentent des fanes d’une qualité moins bonne que d’ordinaire. La qualité et le goût du radis en lui-même ne sont pas altérés.

 

De belles surprises nous attendent malgré tout à l’abri : sous les tunnels de Laurence Jeronne, dans la région d’Orléans, les premières fleurs sont épanouies. Il s’agit des inflorescences de fèves qui ont été semées dès le mois d’octobre pour gagner en précocité. La fève est l’une des espèces les plus rustiques au froid, car seule sa fleur craint les gelées. Traditionnellement cultivée en plein champ en hiver dans le sud de la France, elle doit être traitée avec plus d’égards dans notre région où les hivers sont terribles : elle trouve donc toute sa place sous les tunnels, où le climat lui est beaucoup plus favorable.

 

Timidement, les tomates ont également poussé sous les serres en verre de Julien Chenault, un des principal producteur pour ce légume emblématique. Les premières fleurs devraient sortir d’ici une petite dizaine de jours. Comptez encore 60 jours pour que les fruits parviennent à maturité et nous voilà déjà rendus à fin juin, ce qui est assez tardif par rapport à la date de plantation très précoce qu’a choisie ce producteur. Le risque pris n’est pas récompensé par la précocité cette année, mais au moins les plantes n’ont pas gelé.

Relativisons un peu pour finir en méditant ce dicton livré par nos aïeuls : « De gaieté, vigneron, vide vingt fois ton verre, lorsque les pluies en mars inondent la terre. »

 

A défaut de manger des légumes…Il se trouvera donc toujours quelqu’un que les versatilités climatiques rendront heureux.

                                                                                              Edouard

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