• Salade
  • Betterave botte
  • Courgette
  • Pomme de terre primeur
  • Fraise
 
 

Beau temps de juin, abondance de grain…

... Mais eau de juin ruine le moulin !

 

Un point rapide sur l’état des champs mais tout est dit dans ces deux dictons livrés par nos sages anciens… C’est la noyade, les pluies incessantes et le temps froid perturbent tous les travaux et la croissance des plantes. Bref, tout le monde en a marre et nous prenons du retard. Tout ceci n’est pas très drôle et explique que pour remplir les paniers nous sommes encore obligés de faire appel à nos collègues, amis paysans de Bretagne et de Provence, qui ont la chance de travailler dans des conditions plus propices (ce n’est pas pour rien que ces régions sont les principales productrices de fruits et légumes en France…). J’exagère volontairement un peu, car il faut savoir que le manque de légumes est généralisé sur l’ensemble du territoire français en raison de ce printemps pourri.

Les conséquences sont plus ou moins problématiques en fonction des exploitations. Dans le cas des producteurs qui travaillent des terrains plutôt argileux ou limoneux, c’est encore plus compliqué car les sols mettent plus de temps à se ressuyer et nos tracteurs ne sont pas amphibies ! Il faut donc patienter pour reprendre les différentes opérations culturales : travail du sol, binage des légumes, semis et plantations… Et pendant ce temps, l’herbe pousse dans les rangs de légumes ! L’équation devient rapidement insoluble avec cette météo car les périodes d’intervention se réduisent à quelques courts créneaux qui ne laissent pas le temps de réaliser toutes les interventions qui seraient nécessaires.

Autre souci causé par ce temps pluvieux : le mildiou, ce féroce et redouté champignon, guette nos petites patates, tout juste sorties de leur butte. Les oignons et les échalotes sont également menacés. Alerte maximale, tous les voyants sont au rouge. Des traitements réguliers doivent être réalisés avec la bouillie bordelaise, ce remède ancestral utilisé depuis l’antiquité romaine.

Lassés de tant de jérémiades, « mettons- nous à l’abri », me direz-vous ? Eh bien certes, vous avez raison car sous les serres, nous maîtrisons l’humidité du sol et donc les plannings et l’organisation du travail. Malheureusement le froid mais aussi le cruel manque de lumière provoquent, là aussi, des effets délétères. Les pieds de courgette donnent des fruits pointus, impropres à la commercialisation. Des phénomènes étranges apparaissent : des pieds de tomates dégénèrent et deviennent « borgnes », ce qui veut dire que leur croissance s’arrête prématurément… Les plantes fragilisées par ce climat inhospitalier sont plus sensibles aux maladies et divers désordres physiologiques... Elles poussent à l’unisson ce cri qui doit vous titiller également : Vite ! Du soleil, des températures et des vitamines !

Passons à présent aux nouvelles du front que je vous avais promises, concernant la lutte contre les pucerons. Les auxiliaires naturels, nos alliés utiles tels les coccinelles, tardent à venir rejoindre le combat, car eux aussi aiment le soleil. Le vilain puceron, animal perfide, profite de leur absence pour prendre position, progressivement, dans les parcelles. Mais dans plusieurs exploitations, les lâchers d’auxiliaires réalisés pour renforcer nos défenses, portent leurs fruits : de minuscules guêpes patrouillent entre les rangs de poivrons ou de concombres à la recherche de pucerons bien dodus. Sitôt repéré leur cible, elles atterrissent à proximité et introduisent à l’intérieur du corps du puceron une grande aiguille, située à l’extrémité de leur abdomen, afin de déposer un œuf dans la pauvre bête … De cet œuf éclora une petite larve qui va assurer sa croissance en se nourrissant des organes internes du puceron, provoquant ainsi sa mort.

Pendant la nuit, une autre machine de guerre opère : c’est un petit moustique qui part à la recherche d’une colonie de pucerons. Dès qu’une troupe suffisamment importante est repérée, hop ! il y dépose un œuf… Un asticot orange vif émergera bientôt pour se repaître tranquillement des placides pucerons situés alentour. Sa méthode ? En cocktail à la paille ! Il injecte dans ses proies des enzymes qui vont digérer le puceron.

Une fois le contenu liquéfié, il n’y a plus qu’à aspirer, et à poursuivre ce lent et minutieux travail de nettoyage…

Comme quoi, s’il n’est pas facile d’être maraîcher en ce moment, il est encore beaucoup moins conseillé d’être un puceron.

      Edouard

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