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Abeilles : Le retrait des néonicotinoïdes, une mesure de haute nécessité ! 

La proposition de suspension de 3 insecticides néonicotinoïdes présentée par la Commission Européenne arrive dans un contexte de crise importante pour la profession apicole et pour les consommateurs, elle concerne une interdiction temporaire (sauf céréales d'hiver et betteraves) jusqu'en septembre 2015, leur retrait du marché apparaît très tardif.

Aujourd’hui, un tiers de notre nourriture dépend directement de l’abeille. La disparition massive des abeilles à l'échelle internationale est une alerte. L'abeille est en danger, c'est une menace pour la biodiversité, la surmortalité de l'abeille domestique (Apis mellifera) et autres papillons, bourdons et abeilles solitaires inquiète. Les molécules de la famille des néonicotinoïdes sont devenues les insecticides les plus efficaces jamais synthétisés.

 

De nombreuses études ont démontré la dangerosité des pesticides, la moitié des colonies en France a déjà été décimée depuis la mise sur le marché de ces produits. Cela constitue une menace de disparition pour de nombreuses espèces végétales. La France est championne d'Europe des pesticides, le troisième utilisateur mondial après les États-Unis et le Japon. Malgré le moratoire des cultures OGM, de nombreux miels d'importation en contiennent, produits avec des plantes modifiées qui n'ont fait l'objet d'aucune étude d'impact sanitaire sur l'homme et les animaux, les plantes-pesticides (cultures de tournesol et colza de type VTH) constituent aujourd'hui une réelle menace. L'environnement téléphonique, les ondes GSM, 3G, wifi provoquent une électro-sensibilité chez l'abeille en la perturbant. Les interactions entre ces différents facteurs amplifient fortement leurs effets sur les abeilles. La combinaison des pathologies (virus, maladies et varroa), des pesticides et de l'appauvrissement de leurs ressources alimentaires cause leur perte.

 

Faillite de l'évaluation des risques :

Les analyses récentes traduisent des faiblesses majeures dans l'évaluation des risques et des conflits d'intérêts récurrents entre la recherche privée d'évaluation, l'administration ministérielle (DGAL) et l'industrie chimique. Ces évaluations sont à la charge des industries qui évacuent les risques à long terme. De même, les effets cocktails ne sont pas évalués, l'abstraction des effets de synergie est récurrente, les évaluations des molécules demeurent individuelles.

 

L'expérimentation grandeur nature en Italie de la suppression des traitements de semences avec des insecticides systémiques (néonicotinoïdes et fipronil) et les résultats obtenus (baisse de la mortalité des ruches de 37,5% à 15%, maintien des rendements de production de maïs, diminution importante des chrysomèles) nous rappelle que des alternatives existent. L'intérêt des industriels de la chimie et des tenants de l'agriculture toxique prime sur la santé des personnes exposées. Le développement technologique dont l'enrobage des semences (traitement permanent) correspond à la période de déclin des abeilles au milieu des années 1990. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu en 2013 un avis scientifique très sévère sur les néonicotinoïdes (imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame) confirmant des études antérieures et conduisant à un moratoire sur le Gaucho, Cruiser, Poncho, etc. De même, la dispersion des poussières d'enrobage est constante pendant les semis malgré la présence de déflecteurs.

 

Un groupe d'experts (Comité scientifique et technique de l'étude multifactorielle des troubles des abeilles, ou CST), composé de chercheurs d'universités et d'organismes publics de recherche (CNRS, INRA, etc.) avait déjà conclu dans son rapport en septembre 2003 que l'imidaclopride (commercialisé sous le nom Gaucho) présentait un risque inacceptable pour les abeilles sans écarter la contribution des pathogènes naturels (virus, varroa). Alors qu'attend-t-on ?                                             (Suite au dosÄ)

 

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