Relancer la filière sans traiter le problème ...

Relancer la filière sans traiter le problème phytosanitaire ?

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll vient de lancer un plan de défense de l'apiculture, celui-ci vise à l'installation de 200 à 300 apiculteurs professionnels par an.

Cette mesure gouvernementale crée une illusion supplémentaire (au vu de la faiblesse des moyens financiers mis en œuvre) du développement de la filière à l'heure de la mortalité importante des cheptels (-30%) et donc d'une forte précarité économique de la profession. Les races productives (buckfast) et les abeilles d'importation (Amérique sud) qui présentent un prix d'achat plus faible, n'en demeurent pas moins d'une forte sensibilité pathogène et donc plus vulnérables. La lutte chimique montre ses limites, le varroa tend à être résistant. Des traitements alternatifs contre le varroa doivent être encouragés (thymol, acides organiques...).

Les agriculteurs doivent faire évoluer leurs modes de production pour des méthodes plus respectueuses de la santé et de l'environnement par la promotion de la polyculture-élevage et des couverts hivernaux pour faire barrage à l'appauvrissement de la biodiversité lié à la monoculture. L'alternative associative offerte par Apicool propose de financer l'installation de ruches dans les fermes biologiques.

Selon la commission apicole de la Confédération paysanne, « l'interdiction est insuffisante car la réglementation ne concerne pas les céréales d'hiver soit près de 85 % des céréales semées en France, environ 5 millions d'hectares traitées avec ces pesticides. Une suspension de deux ans est trop courte par rapport à la persistance très longue de ces produits dans les sols ».

Aujourd'hui, les semences mutées de colza qui arrivent sur le marché vont présenter une menace supplémentaire pour les essaims, les plantes-pesticides gagnent chaque jour un peu plus de terrain à l'échelle française.

« Paysans, apiculteurs, consommateurs, nous sommes tous pris en étau par des pouvoirs plus soucieux des intérêts privés des multinationales de l’agrochimie et des semences que de l’intérêt général », c'est le message issu de l'Appel de Poitiers pour sauver la biodiversité (juin 2012) des États généraux « Abeilles, semences et biodiversité ». Poursuivre notre engagement en demandant l'interdiction de tous les insecticides néonicotinoïdes, c'est vital !

 

Retrouvez cet article et plus d'info sur : www.lesamisdelaconf.org

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