• Radis
  • Courge potimarron
  • Blette
  • Carotte
  • Raisin
 
 

S'il tonne en août...

"S'il tonne en août, grande prospérité partout, mais les maladies beaucoup."

 

Eh bien non, pour le moment la situation dans nos campagnes ne corrobore pas ce dicton : malgré tous les orages, nos cultures sont globalement indemnes de maladie, et c’est tant mieux car on a déjà fort à faire et le début de la saison a été assez épouvantable pour que ne s’y ajoute pas d’autres fléaux. Il faut dire aussi que nos producteurs ne sont pas assez fous pour se risquer à cultiver des tomates en extérieur, par exemple… Il n’y aurait alors que des tomates au mois d’août dans les paniers, et elles seraient bien vite pourries au mois de septembre !

 

Les cultures d’oignons, d’échalotes et de pommes de terre sont presque arrivées à terme, et le mildiou ne s’est pas montré trop agressif cette année, les récoltes seront donc bonnes. Pour les purées et les flammekueches de cet hiver, soyez rassurés vous aurez la matière première. En revanche, pour les carottes râpées et le céleri rémoulade, la partie n’est pas encore gagnée.

 

Pas de maladie donc, mais des soucis quand même. Et oui, c’est bien connu, on aime à se plaindre dans les campagnes… Cette année, l’enherbement des champs est colossal et vos producteurs passent un temps fou à nettoyer leurs parcelles des indésirables qui ne cessent d’y pousser. Le printemps froid avait retardé les travaux des champs et le froid avait empêché les graines de mauvaises herbes de germer. D’un seul coup, avec l’arrivée de la chaleur, c’est la panique et l’affolement général : il faut courir partout pour rattraper le retard accumulé et gérer l’explosion des mauvaises herbes. Les pluies d’orage sont redoutables de ce point de vue car elles dynamisent toute la vie des sols et favorisent notamment les germinations.

 

Le panic, une graminée bien nommée, nous donne des cauchemars… Et l’amarante (une autre ennemie bien connue de nos cultures), ne nous fait pas rire en ce moment. Le pourpier nous étouffe, la sétaire et le digitaire nous exaspèrent, le chénopode nous affole, le galinsoga nous met dans l’embarras, et bien entendu, dès la fin du mois d’août, le mouron nous rendra bougons…

 

Binettes, couteaux, sarcloirs, bineuses, griffes, dents, lames, brosses, houes, raclettes et même fourchettes ! Les paysans ont sorti tout l’arsenal de destruction massive et touts les jours les bras s’activent pour faire réapparaître les rangs de carottes, panais, choux et de betteraves qui sont dans certains cas cette année, perdus au milieu du cortège des indésirables. Plus les mauvaises herbes sont attaquées jeunes et meilleur sera le résultat. Mais quand le retard de l’intervention de désherbage est trop important et que les herbes se sont trop développées, il ne reste malheureusement plus que l’arrachage manuel, long et fastidieux… surtout lorsqu’il fait 40°C en plein soleil.

 

Les journées sont également bien rythmées en ce moment par les cueillettes régulières : tous les matins, les champs de courgettes sont passés au peigne fin pour ne pas oublier un fruit. En une journée, les fruits oubliés peuvent grossir au point de ressembler dès le lendemain plutôt à des armes contondantes qu’à des légumes comestibles. Même rythme pour les concombres qui n’attendent pas le cueilleur pour grossir et former leurs graines ! Les tomates sont en général récoltées tous les 2 ou 3 jours, en fonction de la vitesse de murissement. Plus tranquilles, les aubergines se laissent visiter 1 à 2 fois par semaine, tandis que le paisible poivron attend sagement que l’on ait besoin de lui… Si on le laisse trop longtemps pendu au bout de sa branche, il changera tout simplement de couleur… Rouge, jaune, orange ou violet, telles sont en réalité les couleurs définitives d’un poivron qui est mûr. Le poivron vert, c’est bel et bien un fruit qui n’est pas encore arrivé à maturité. Nous proposons quant à nous très peu de poivrons colorés dans les paniers car ils se conservent très mal. Mais parfois, vous pourrez découvrir un fruit qui commence à « tourner », c'est-à-dire qu’il prend une teinte rouge ou jaune sur un de ses côté, généralement celui qui est le plus exposé au soleil dans la serre d’où il vient.

 

En cette saison, tout le monde est en vacances et les récoltes sont abondantes. La situation commerciale est donc difficile de manière générale. Cette qualité du poivron, que l’on appelle dans le jargon technique « souplesse de récolte », en est d’autant plus appréciable. Les fruits tous prêts à être consommés attendront le retour de tous nos abonnés !

Edouard

Qui sommes-nous ?