• Salade
  • Betterave botte
  • Courgette
  • Pomme de terre primeur
  • Fraise
 
 

Que pousse la vigne !

C’est maintenant bien connu, à l’ESAT de Pontlevoy, on aime relever des défis. Plantes aromatiques et médicinales, production de semences de tomate cœur de bœuf, culture du chou de Bruxelles ou encore de rhubarbe à grande échelle… Décidément, cette exploitation ne ressemble à aucune autre. A chaque année son lot de nouveautés, jamais on ne s’ennuie ! De quoi stimuler toute l’équipe et les usagers. Rappelons, si vous ne le saviez pas déjà, qu’un ESAT est une structure qui accueille des personnes handicapées, n’ayant pas acquis suffisamment d’autonomie pour travailler en milieu professionnel ordinaire. Tout doit donc être pensé, réfléchi, analysé en tenant compte de cette spécificité majeure du centre de travail et des limites multiples et variées des travailleurs. C’est l’œuvre quotidienne de toute l’équipe d’encadrement qui réalise depuis plusieurs années un super travail aux côtés des usagers. 

 

Et voilà donc que Claude, le sémillant chef d’orchestre technique de ce dynamique établissement, a imaginé planter de la vigne... Du raisin de table plus exactement, pour répondre à la demande toujours aussi soutenue de fruits. Il faut dire qu’à Pontlevoy la vigne est déjà bien présente, car nous sommes là en plein cœur de l’appellation Touraine. Le raisin de table est quant à lui beaucoup plus rare. On ne va pas faire comme tout le monde non plus, ce serait trop facile !

C’est donc en ce jour du 15 mai de l’an de grâce deux mille treize que toute l’équipe pontilevienne s’active avec empressement à la plantation de près de 3000 ceps de vigne, répartis sur une surface d’un hectare. Pour ceux pour qui la notion d’hectare est floue, représentez-vous en gros un terrain de foot ou de rugby. Pour ceux qui n’aiment pas le sport, eh bien pensez à 10 000 m².

Munis de houes, nos courageux maraîchers enterrent au fur et à mesure de la plantation un paillage qui préviendra l’envahissement du rang par les mauvaises herbes. Sitôt plantés, une autre équipe s’affaire à l’arrosage, réalisé au pied de chaque cep fraîchement mis en terre. Des collerettes de protection sont enfin soigneusement enroulées autour des vignes afin de les protéger des attaques des gourmands chevreuils, qui sont nombreux sur l’exploitation et raffolent des jeunes pousses.

 

Cinq variétés ont été soigneusement sélectionnées pour répondre aux multiples objectifs et contraintes de cette nouvelle production. Il s’agit en effet d’essayer d’échelonner les récoltes de fin août (pour célébrer votre retour de vacances) à début octobre (pas trop tard, pour éviter les éventuelles gelées automnales). Malheureusement, il n’existe aucune référence locale et il a donc fallu transposer les données du sud de la France au sud du Loir-et-Cher… Espérons que les savants calculs réalisés s’avéreront les plus justes possibles !

 

La diversité est au rendez-vous : deux variétés de raisin blanc (le Centenial et l’Exalta), deux variétés de rouge (Alphonse Lavallée et Cardinal) et même une variété de raisin rose, le Chasselas rosé (la « cerise sur le gâteau » nous dit Claude)… Ceci pour varier les plaisirs mais aussi pour étaler les récoltes. Ces variétés sont assez résistantes aux maladies et présentent des grappes assez lâches, dans lesquelles il sera plus aisé pour les ouvriers qui récolteront, de repérer et d’enlever d’éventuels grains pourris. Car un petit grain moisi et c’est toute la grappe qui pourrit ; on vous le disait, c’est un défi ! Pour éviter les maladies, des traitements seront réalisés sous forme de poudrages à base d’argiles, de lithothamne (algue calcaire broyée) et de soufre (moyen de lutte traditionnel utilisé depuis l’antiquité romaine). Les rangs ont été plantés assez larges pour permettre une bonne circulation de l’air et ainsi de limiter la pression parasitaire. Parfois rien ne sert de traiter, il faut anticiper et raisonner ! Ces rangs larges permettront aussi d’utiliser le même tracteur que pour les cultures maraîchères voisines.

 

Vous voilà donc tous prêts à déguster ce merveilleux raisin dont je vous parle ? Malheureusement la nature prend son temps et les premières récoltes ne pourront s’envisager que dans trois saisons… Nous ne manquerons pas de vous donner régulièrement des nouvelles de la parcelle, que nous surveillerons de près.

                                                                              Edouard

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