Nouvelles en provenance directe des champs

L’hiver a été doux cette année mais cela ne l’empêche pas d’occuper encore toute la place et de ne pas laisser le printemps s’installer tout à fait, malgré de belles journées ensoleillées !
En effet, les pommes de terre, les carottes, les oignons, les radis noirs et betteraves rouges ou chioggia se conservent bien et nos producteurs en ont encore en stock ! Cela est en grande partie possible grâce à leur équipement en chambres froides ou à leurs sols bien drainés qui permettent une bonne conservation des carottes au champ. Ces légumes reviennent donc souvent… heureusement qu’une infinité de recettes existe pour varier les plaisirs. Les stocks commencent tout de même à s’amenuiser et nous avons hâte de voir arriver les légumes primeurs.
Ils commencent précisément à pousser sous les serres, qui permettent de hâter un peu les cultures. Mais, pour la majorité, ils ne se retrouveront que dans quelques semaines dans votre panier. Les bottes de radis et les premières salades de l’année ont malgré tout déjà apporté un petit air printanier à certains d’entre vous! Les légumes-feuille tels que les épinards ou les blettes, dont une ou deux coupes ont déjà eu lieu à l’automne, se remettent à pousser, apportant également un peu de fraîcheur par rapport aux légumes de garde.
Nous entrons donc, comme vous l’avez compris, dans la difficile période de jonction entre l’hiver et le printemps. C’est le moment où nous faisons le plus appel aux groupements partenaires de producteurs 100% bio, qui partagent une éthique similaire à la nôtre. C’est le cas par exemple de Solébio, dans le Sud-Est, qui nous fournit aussi quelques fruits en été, et de Biobreizh, en Bretagne. Cependant eux-mêmes se retrouvent avec peu de marchandises en ce moment, et une forte anticipation est nécessaire dans les commandes pour assurer un approvisionnement suffisant ! Pour les fruits aussi, cette période est critique, surtout cette année où seules les pommes sont disponibles en quantité. Mais dès la fin du mois d’avril, nos producteurs seront en pleine récolte de légumes primeurs : carotte botte, betterave botte, navet botte (ce qui permet de cuisiner les fanes !), pommes de terre, oignons blancs… vos paniers seront alors un peu plus légers qu’en plein hiver mais avec des saveurs délicates et renouvelées. Et pour finir sur une petite pensée philosophique, inspirons-nous de Sénèque qui dit que « le plus grand obstacle à la vie est l’attente ; celui qui espère demain néglige aujourd’hui ». Sachons donc apprécier les bons légumes que la nature nous offre à chaque saison ;)

Témoignage d’Alain, producteur de salades à cette période délicate

« Les salades récoltées à cette période ont été plantées au début du mois de décembre. Ma crainte est de voir arriver le gel lorsque la salade est développée. Tant que la salade est petite (jusqu’en février habituellement), elle ne risque rien ; mais quand elle est développée, malgré le voile qui les protège, le gel provoque des plaies. Le mildiou de la salade, ou bremia, se développe alors d’autant plus facilement !

Tous les ans des tests de résistance des différentes variétés de salade au bremia sont réalisés. Les variétés sont plus ou moins tolérantes à un certain nombre de souches, par exemple aux souches 13-14-15 et 32-33. Mais selon les conditions climatiques (vent, humidité, …) de l’année, ce ne sont pas les mêmes souches qui se développent et pour peu que la variété n’y soit pas tolérante, le bremia envahira rapidement la culture… Or à la récolte on ne le voit pas ! La salade est ensuite mise au frigo, le bremia ne bouge toujours pas. Par contre, dès que la salade est placée à température ambiante, alors le bremia explose, une coloration blanche apparaît et la salade commence à pourrir… L’autre difficulté à cette époque c’est que les batavias sont très cassantes, et la manipulation doit être très délicate pour ne pas abîmer le produit. Elles sont aussi bien sûr plus petites qu’en plein été car les températures sont plus basses. Cette année les salades ont poussé doucement pendant tout l’hiver, ce qui leur donne une amertume qui n’est pas présente lorsque l’hiver est bien froid et que la salade pousse d’un seul coup, en l’espace d’un mois. J’ai presque fini la récolte de mes 4000 salades et vais maintenant pouvoir préparer le tunnel pour la plantation des courgettes ! »

Alice

 

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