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Un printemps maudit pour les producteurs

Un printemps maudit pour les producteurs

Il aura fallu attendre presque la fin du mois de juin pour que le soleil fasse un timide retour, après un printemps désastreux. Entre les températures basses, la pluie, le manque de lumière… nos producteurs ont subi de plein fouet les conséquences de ce dérèglement du climat : productions fortement freinées, voire stoppées, sols gorgés d’eau rendant très difficile l’accès aux cultures, soucis de conservation, développement de maladies liées à l’humidité… Comme vous l’avez constaté, il est compliqué en ce moment de trouver des fruits et des légumes pour vos paniers bio chaque semaine, et nous sommes obligés de faire appel à nos partenaires producteurs bio des autres régions pour nous approvisionner. 

Inondations : focus chez nos producteurs les plus touchés



En plus ces conditions météo très difficiles pour tout le monde, certains de nos producteurs ont été touchés par les inondations catastrophiques qui ont sinistré la région Centre. Près d’un mois après, voici de leurs nouvelles. Chez Julien, Mathieu ou Stéphane, le constat est unanime : un bilan très lourd, entre des pertes immédiates et des conséquences qui se feront sentir dans les mois à venir. Ces producteurs ne sont pas assurés et ne seront donc pas indemnisés… Ils attendent actuellement de savoir si l’état de calamité agricole va être décrété. Si oui, ils pourront peut-être espérer un éventuel dédommagement, mais combien ? Et quand ? Dans leur situation, le temps est compté et les besoins en trésorerie sont immédiats.
 


Chez Julien Chenault, à Saint-Cyr-en-Val (à 10km d’Orléans), toutes les serres ont été inondées. S’il a pu sauver quelques concombres, et espère réussir à mener des aubergines jusqu’à maturité, Julien a dû en revanche arracher tous ses pieds de tomate… Quand on sait que pour lui, habituellement les mois de juin et juillet représentent 40% de son chiffre d’affaires, il n’est pas difficile de mesurer la détresse dans laquelle il se trouve. Sans oublier d’autres  conséquences directes, par exemple le fait qu’il n’embauchera pas de saisonniers, comme il le fait les autres années sur cette période estivale.
Julien replante actuellement des tomates, avec l’espoir d’obtenir une récolte tardive, d’août à octobre, mais pour le moment, il ne sait pas ce que ça va donner…
A première vue, Julien estime sa perte entre 30000 et 40000€. Pour faire face à la situation dans l’immédiat, il a reporté auprès de sa banque toutes ses échéances de l’année.

Chez Stéphane Durand, à Vienne-en-Val (à 25km d’Orléans), c’est dans les champs, et plus particulièrement parmi les pommes de terre et les courges que les inondations ont fait des ravages. Au plus fort des événements, Stéphane a eu de l’eau jusqu’à mi-cuisse dans son terrain… au moins 2/3 de ses pommes de terre sont perdues, et pour les courges qui étaient en train de lever, le taux de perte s’élève à 90%.
Pour réagir très vite, Stéphane a racheté des semences de courges, qu’il a semées pour le moment dans des godets car il est toujours impossible d’accéder aux terres pour planter. Ce qui pose d’ailleurs un autre problème, car il n’est pas non plus possible d’aller traiter contre le mildiou, dont l’apparition a été favorisée par l’humidité.
Si tout se passe bien, Stéphane espère replanter en pleine terre début juillet, et il faudra ensuite compter sur une belle arrière-saison pour réussir à avoir des courges malgré tout.
A l’heure des comptes, Stéphane estime avoir perdu 80000€ de chiffre d’affaire sur les pommes de terre. 50% de sa ferme est en jeu car les courges et les pommes de terre sont ses deux principales sources de gain. Heureusement Stéphane peut compter sur son élevage bovin allaitant - préservé des intempéries - et en tirer une source de revenus immédiate si nécessaire par la vente d’une partie du cheptel. Comme il le dit en conclusion : il ne faut pas perdre le moral, il faut sauver ce qui peut l’être et essayer de faire tout ce qui est possible.

Chez Mathieu Fleury, à Ouvrouer-les-Champs (à 30km d’Orléans), le bilan est également très lourd.  L’eau a envahi les serres sur plus de 40 cm, et 20 à 30 cm dans les champs, où elle a stagné pendant une semaine.
Mathieu estime avoir perdu environ 30000€, entre ses tomates (qui représentent habituellement plus de la moitié de son chiffre d’affaire), ses épinards, radis, haricots et également ses salades qui ont été soit noyées, soit non récoltées car il était impossible d’accéder aux terrains. La situation est d’autant plus délicate que la ferme fait vivre Mathieu et sa compagne, qui n’ont aucune autre source de revenu.
Ses terrains sont devenus inexploitables dans l’immédiat, les sols sont trempés, asphyxiés et compactés. Il va falloir du temps pour que la structure du sol se régénère. Alors pour rebondir, Mathieu veut racheter des plants et exploiter différemment ses surfaces sous abri, laissées vides après l’arrachage de tous ses pieds de tomates. En replantant à partir de mi-août, il espère avoir des productions plus diversifiées sur l’automne à venir, à condition que la météo soit favorable.



Tous vos témoignages et vos encouragements ont été transmis, et cette solidarité a permis à nos producteurs de garder le moral et de continuer à avancer.
Suite à ces premières estimations, et maintenant que nos producteurs ont pu évaluer leurs besoins et les actions qu’ils allaient mettre en place, nous allons lancer très prochainement des opérations de soutien, via une cagnotte solidaire sur internet. Nous vous tiendrons au courant très rapidement car nous savons que beaucoup d’entre vous ont manifesté leur volonté de donner un coup de pouce à Mathieu, Julien ou Stéphane. On revient très vite vers vous !

Céline



 

 

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