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Bulletin météo en direct des champs

Ce printemps 2017 est particulièrement atypique du point de vue climatique. Si l’on devait le résumer en 2 mots, ce serait sécheresse et froid. Dans notre région Centre Val-de-Loire, il n’a pas plu depuis des semaines, et les températures matinales sont bien souvent négatives. Difficile pour nos producteurs de mener à bien leurs cultures dites de printemps dans de telles conditions.

De tristes records de sécheresse…

Le mois de mars 2017 a été le plus chaud en France depuis 1900, comme le rapporte Météo-France. Avec des températures souvent bien au-dessus des 20 degrés l’après-midi, tout le monde s’est enthousiasmé de pouvoir déjeuner en terrasse, profiter du soleil dans les parcs et les jardins, et vivre ce début de printemps avec des allures d’été. Mais au-delà du côté agréable de cette parenthèse de douceur, des contreparties se sont faites sentir : des départs de feux ont été recensés, des départements ont déjà pris des arrêtés pour limiter les consommations d’eau, les stations de ski ont été privées de neige bien plus tôt que prévu, bref la sécheresse frappe déjà en France.

En Indre-et-Loire, par exemple, comme le relate « la Nouvelle République », {c’est l’un des hivers les plus secs de ces soixante dernières années, avec 260 millimètres d'eau recueillis depuis septembre. Depuis six mois, le déficit de pluviométrie accumulé est de l'ordre de 50 %. Sur les derniers relevés des nappes souterraines, le niveau des réserves est classé « faible » dans l'est du département. Le temps sec de cet hiver n'a pas permis de recharger normalement les nappes souterraines. Il faut être attentif. On commence le printemps avec des niveaux globalement inférieurs à ceux des années passées. Cette sécheresse précoce ne va pas sans soulever des interrogations et quelques inquiétudes au sein du monde agricole mais nous ne sommes pas dans un scénario catastrophe.}

… et le retour du gel
Deuxième ennemi des producteurs : le retour du gel, redouté encore plus particulièrement par les arboriculteurs. La vague de froid que nous traversons depuis le début du mois d’avril a déjà provoqué de gros dégâts dans les vergers.
Les arbres fruitiers (pommiers, poiriers…) sont actuellement en pleine floraison, une étape de développement du fruit qui supporte mal les aléas du climat. Justement, les conditions climatiques défavorables actuelles peuvent faire craindre de perdre une bonne partie de la récolte. Dans notre région Centre Val-de-Loire, nous enregistrons quasiment tous les matins des températures négatives, ce qui signifie que les nuits sont vraiment très froides. Chez Patrick Maliet, à Millançay (dans le 41), le thermomètre affichait -7°C au réveil la semaine dernière. ..

Difficile de combattre un ennemi tel que le froid ; malgré tout nos arboriculteurs mettent en place différentes techniques pour limiter le plus possible les risques de dégâts. Ainsi, comme nous l’explique Eric Refour, arboriculteur à Saint Aubin le Dépeint (dans le 37), il existe quelques solutions. L’allumage de brûlots est en une : cela consiste à allumer des sortes de bougies géantes « antigel » pendant la nuit afin de rehausser la température de quelques degrés et ainsi réchauffer l’atmosphère qui entoure les pommiers. Ce sont de grands seaux remplis de cire, qui sont répartis entre les arbres tous les 10 mètres environ. Pour Eric, il n’est pas rare de se lever en pleine nuit, pour aller allumer ces bougies, et vérifier que tout va bien.

Une autre technique se pratique, celle dite de l’aspersion. Elle consiste à vaporiser de l’eau sur les arbres fruitiers pour les recouvrir. Le gel va alors former une fine pellicule de glace et emprisonner ainsi les feuilles, fleurs et tiges d’une couche protectrice. A l’abri dans leur gangue de glace, ils risquent moins de geler, c’est le principe de l’igloo, qui maintient la température autour de 0°C et évite de trop descendre en-dessous.

Chez Lionel Saillard installé à Couture-sur-Loir (dans le 41), l’heure est au premier constat des dégâts. Lui qui cultive des poiriers peut déjà estimer une perte d’environ 30% sur la récolte de poires à venir… Pour les pommes, c’est plus difficile à estimer car les dommages causés sont moins directs, ils sont susceptibles de se révéler un peu plus tard car le stress provoqué par le froid peut engendrer une chute naturelle du fruit, et cela bien avant qu’il ne soit à maturité.

Ce tableau peut vous paraître un peu pessimiste, mais il nous semble important de partager avec vous tout ce qui se passe chez les producteurs de vos fruits et légumes bio. Rassurez-vous, tout n’est pas noir pour autant. Cette terre assez sèche présente aussi certains avantages. Pour certaines cultures, elle est ainsi plus facile à travailler et à préparer. De nombreuses cultures en cours et à venir sont relativement abritées sous les tunnels, et nos producteurs réussiront à les préserver si le temps évolue de façon plus clémente. Et puis on nous annonce déjà les premières fraises, chez Loïc Cosset (à Chezelles dans le 36) et les premières courgettes chez Anne-Sophie Castets (à Blois dans le 41). De quoi redonner le sourire et espérer de jolis paniers gourmands à venir !

Céline

 

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