La neige…

Elle a alimenté la plupart de nos conversations cette semaine, en bien comme en mal : « c’est génial, il neige enfin c’est l’hiver » / « il neige… quelle galère pour les transports comment on va faire ? »

 

Les récoltes bloquées dans les champs, les terrains impraticables, les véhicules bloqués… Le chauffeur du poids lourd qui achemine vos paniers de Blois jusqu’au Paris en sait quelque chose… le pauvre Hanefi a passé la nuit de mardi à mercredi coincé dans son camion sur les routes enneigées…

 

Résultat mercredi, plan d’urgence : les paniers ne seront pas livrés sur Paris, il faut prévenir tout le monde, les points de dépôt, et vous bien sûr ! Tout le monde est sur le pont, les mails partent, les téléphones sonnent. Avec la bonne volonté de tous, la situation est gérée : la marchandise des paniers ne sera pas perdue et jeudi matin tout le monde est prêt à livrer. Nous en profitons pour vous remercier de votre compréhension, et de votre soutien dans cette situation particulière. Au travers de vos messages, vous nous avez fait savoir que vous étiez avec nous, ça fait chaud au cœur… et par temps de neige, c’est appréciable !

Merci encore de la part de toute l’équipe des paniers bio, producteurs et salariés

                                                                      Céline

Je laisse maintenant la parole à notre producteur/poète, Damien Leroy, que la neige a visiblement inspiré.

C’est beau la neige.

Le matin au réveil, derrière les carreaux de la cuisine.

Le cerisier alourdi d’un manteau blanc, c'est beau.

 

7 h45 : Je marche dans la poudreuse, traverse la cour de la ferme.

Aujourd’hui c’est triage de pommes de terre et conditionnement en 12,5 kg.

La porte de la grange est coincée par le gel.

Coups de pieds énergiques dans le bas de cette maudite porte. Cinq minutes et la porte coulisse sur 1,50 mètres. Ouf, la journée peut prendre ses tours.

D’abord, démarrer le Manitou, un élévateur porte-charge, genre tracteur qui soulève tout.

Génial contre le mal de dos.

Rien, il ne veut rien savoir. La batterie n’aime pas le froid.

Démarrer l’autre tracteur (le 103, c’est son petit nom), pour démarrer le manitou, en câblant les batteries de tout le monde. Mais où sont les câbles? Dans l’atelier, peut-être !

Je traverse la cour de la ferme, la poudreuse est toujours là.

Entre temps je me suis coincé les doigts dans trois fois rien. Et ça fait mal quand il gèle. Avec un bon gros juron, ça passe très bien !

J’approche le 103 du Manitou, je câble et ça démarre. C’est beau la mécanique !

Je pars chercher un pallox de pommes de terre (un pallox est un gros cageot de stockage...d’une tonne de légumes).

La porte de la grange des pommes de terre est...bloquée elle aussi. Je reste zen.

Je pousse et je repousse. Elle s’ouvre. Je souffle comme un bœuf, exténué.

 

Le travail peut enfin commencer. Il est déjà 10h30.

Mais surprise : les cageots de conditionnement sont collés par le gel, les uns sur les autres. Et là, les coups de pieds ne servent à rien. C’est du petit bois fin, fin comme un cageot.

C’est beau la neige.

 

Epilogue : 16 h 30, le gel dehors, reprend de plus bel à cette heure-ci.

Les pommes de terre n’aiment pas trop se faire manipuler pas le froid.

Aujourd’hui ce ne sera que 2 tonnes de triées.

On range tout. On cache toutes nos chères patates avec des couvertures. On ferme les portes en croisant les doigts pour demain.

Le Manitou est bien garé prêt des câbles.

Et puis vendredi, je livre à Blois pour les Paniers du Val de Loire et ils annoncent de la neige !

C’est beau la neige, malgré tout…

                                                                                                                                                                                                 Un producteur frigorifié

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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