La pollinisation par les bourdons

 

Vous recevez dans vos paniers bio du moment les premières tomates de la saison. Rondes, bien rouges, charnues… elles ont tout pour plaire et ce sont vraiment les stars de l’été. Mais comme toutes les stars, elles ont un petit secret de beauté ! Pour donner un coup de pouce au démarrage de la culture des tomates, certains de nos producteurs bio ont recours à la pollinisation par les bourdons.

Aujourd’hui, nous vous proposons d’en découvrir un peu plus sur cette technique.

 

Qu’est-ce que la pollinisation ?

La définition de la pollinisation est l’action de transporter le pollen des étamines au pistil. Ce transport est effectué principalement par le vent et les insectes (abeilles, papillons…) dans la plupart des plantes à fleurs.
La pollinisation peut avoir lieu à l’intérieur d’une fleur ou entre deux fleurs différentes, présentes ou non sur la même plante. Les caractéristiques de l’espèce végétale déterminent dans quels cas la pollinisation entraîne une fructification.
Les insectes pollinisateurs visitent les fleurs pour y trouver leur nourriture : du nectar et du pollen. Dans la fleur, le pollen se dépose sur le corps de ces pollinisateurs, puis va tomber « par hasard » sur le stigmate de la même fleur ou de la fleur suivante.

 

Le cas particulier des tomates

Les fleurs de tomates se pollinisent assez facilement, même sans pollinisateur, mais le résultat est meilleur quand on leur donne un petit coup de pouce ! Cela permet d’éviter des dégénérescences comme des fruits déformés ou multiples, et cela peut également avoir une influence sur des aspects tels que le poids, le calibre, la qualité et le rendement des fruits.

La tomate est généralement plantée mi-mars sous les serres. A cette époque de l’année les conditions de lumière et de température ne sont pas optimales, les insectes se font donc plutôt rares. De plus, la ventilation sous les tunnels n’est pas toujours suffisante pour faire circuler le pollen. Il faudrait avoir recours à une action manuelle, en secouant chaque jour les ficelles qui maintiennent les tomates pour faire tomber le pollen et assurer la fécondation des fleurs.

 

Les bourdons pollinisateurs

Vers la fin des années 80, on a découvert que les bourdons étaient une excellente alternative pour remplacer la pollinisation manuelle de la tomate. En effet, en comparaison avec d’autres insectes comme les abeilles par exemple, les bourdons sont beaucoup moins volatiles, ils auront tendance à rester au même endroit et se concentrer sur les mêmes plantes. Les abeilles se laisseront plus facilement tenter par d’autres fleurs plus attractives, d’autant plus que la fleur de tomate ne produit pas beaucoup de nectar. Les bourdons sont des butineurs très efficaces, avec un rythme de travail élevé et peuvent transporter des charges plus lourdes en raison de leur taille.

Les ruches de bourdons se présentent sous la forme d’un petit carton, aéré, avec des ouvertures permettant aux insectes d’aller et de venir à leur guise. Sous la ruche, se situe un petit bac avec un réservoir rempli d’un produit sucré, apparenté au nectar, leur permettant de compléter leur nourriture si besoin. Les bourdons sont totalement autonomes et vont et viennent sur les cultures dans lesquels ils sont lâchés. Ils peuvent parfois être sollicités à plusieurs reprises, comme nous l’explique Loïc Cosset qui a fait travailler ses bourdons une première fois sur ses fraisiers, puis ensuite sur ses tomates.

Rappelons que sans les abeilles ou autres insectes pollinisateurs, les plantes à fleurs n'existeraient pas ! On estime qu'environ 1/3 des plantes ou des produits consommés par les êtres humains dépend directement ou indirectement de la pollinisation !

 

Céline

 

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