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Des exploitants bio pénalisés par l'Etat

14 août 2018

 

Sujet d’actualité : la difficulté pour les exploitants bio d’obtenir les aides de l’Etat. Un paysan de Charente-Maritime a lancé le sujet, et les médias de la région Centre sont allés interroger des producteurs locaux pour recueillir leurs avis. Découvrez les témoignages de David et Marie-Pierre de la ferme des 4 Vents qui fournissent des légumes secs (pois chiches par exemple) pour vos paniers bio, ainsi que celui de Claude, dont vous avez déjà dégusté les courges à l’automne dernier.

 

Loir-et-Cher : des exploitants bio pénalisés par l’État

Publié le 03/08/2018 - www.lanouvellerepublique.fr

 

 

A La Chapelle-Saint-Martin, David Peschard, exploitant avec sa compagne Marie-Pierre Boutin, confirme :

«C’est pénible de ne pas voir l’État tenir ses engagements ! »

 

Depuis quelques jours, le cri de colère de Benoit Biteau, relayé d’abord sur les réseaux sociaux, commence à faire des vagues dans les médias nationaux. Ce paysan bio installé en Charente-Maritime, auteur du livre « Paysan résistant » (Fayard) qu’il était venu présenter en juin dernier au festival Artecisse à Landes-le-Gaulois, risque la cessation de paiement à la fin du mois d’août. En cause ? « 70.000 € d’aides dues par l’État et jamais versées depuis 2015 » ayant mis à mal sa trésorerie, et ayant par contrecoup, généré des frais bancaires qu’il évalue à près de 30.000 euros.

 

Si ce cri de colère – ayant suscité un incroyable élan citoyen à travers une cagnotte affichant hier près de 20.000 € de dons  – a connu une telle résonance, c’est que la situation de Benoit Biteau est loin d’être isolée. La Fédération nationale de l’agriculture biologique évalue à 25.000 les exploitants n’ayant pas reçu l’intégralité de ces aides de la PAC (politique agricole commune), à cause, dit-on, d’un problème de logiciel…

 

Que l’État tienne ses engagements

 

Et le Loir-et-Cher n’est pas épargné (lire par ailleurs). « C’est extrêmement pénalisant en termes de trésorerie, témoigne David Peschard, et j’avoue que cela a été très compliqué d’arriver à faire sans l’argent escompté. » Exploitant de la ferme des Quatre Vents à La Chapelle-Saint-Martin-en-Plaine, installé depuis 12 ans, David Peschard a entrepris la conversion progressive de son exploitation en bio, à raison de 10 à 30 hectares chaque année. Producteur de céréales, mais aussi de chanvre et de quinoa, il n’a vu les aides dues pour 2015 et 2016 versées qu’en mai de cette année 2018, « et encore, pas forcément entièrement ».

 

S’il estime avoir eu malgré tout plus de capacité à supporter ce manque à gagner que d’autres, notamment grâce au développement de la vente directe des huiles et graines, David Peschard n’admet pas que l’État ne tienne pas ses engagements.

 

« Nous tenons les nôtres, d’une agriculture bénéfique pour l’environnement, que ce soit la bio, l’agroforesterie ou d’autres mesures agro-environnementales, souligne-t-il, mais nous qui faisons tous ces efforts, nous sommes les derniers servis ! »

 

A l’inverse, l’exploitant de La Chapelle-Saint-Martin-en-Plaine fait le constat que les aides pour l’agriculture conventionnelle sont versées en avance. « Mais nous, nous ne sommes pas la priorité du syndicat majoritaire, lâche-t-il. Heureusement que les aides ne sont pas notre seule motivation pour passer au bio ! »

 

"On est dans l’incohérence politique"

Claude Gaulandeau, exploitant à Pontijou et administrateur de Bio Centre, a fait le point cette semaine avec la Direction départementale des territoires de Loir-et-Cher. « Les aides 2015 ont été réglées, dit-il, celles de 2016 ont fait l’objet d’une avance de trésorerie d’environ 80 %, versée fin 2017, début 2018. » Quant aux aides pour l’année 2017 ? « Aucun dossier n’a encore été instruit à ce jour, ce qui veut dire qu’on ne verra pas l’argent avant la fin 2018 au mieux, mais plutôt l’an prochain ! »

 

L’absence de ces aides s’est de plus conjuguée avec des années agricoles difficiles, notamment 2016, pour peser sur les trésoreries. « Quand on entend par ailleurs les ministres, Stéphane le Foll puis Stéphane Travert, afficher la volonté de développer l’agriculture bio en France, on ne peut que dénoncer une réelle incohérence politique ! » Dans cette même logique, Bio Centre défend le maintien d’aides, après la conversion. « Elles se justifient par le bénéfice que nous apportons à l’environnement, et par la nécessité de structurer les filières d’un marché encore en turbulence. »

 

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