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Les pesticides en débat au parlement européen

Les eurodéputés ont approuvé mardi 23 octobre des mesures renforçant la protection des Européens contre les pesticides, même si certains les ont jugées encore insuffisantes et ont dénoncé le lobbying de l'industrie chimique.

Le premier texte adopté mardi 23 octobre, qui met à jour une législation européenne de 1991 sur les autorisations de mise sur le marché des pesticides, prévoit en particulier d'interdire les substances les plus dangereuses - cancérigènes, toxiques pour la reproduction, génotoxiques, neurotoxiques et immunotoxiques.

"Nous avons posé un jalon important. Les consommateurs européens ne veulent pas avoir de poison ni dans leur environnement, ni dans leurs assiettes", s'est réjoui le rapporteur du texte, la Verte allemande Hiltrud Breyer. Même si elle a elle-même reconnu que cela ne ferait disparaître que 5 à 6% des plus de 300.000 tonnes de pesticides vendues chaque année dans l'UE.

Un deuxième texte adopté par 455 voix pour, 137 contre et 21 abstentions, règlemente pour la première fois l'utilisation pratique de ces pesticides. Une des mesures phares en est l'interdiction des pulvérisations aériennes, très prisées en particulier dans la viticulture. Cette interdiction est malgré
tout accompagnée de dérogations, lorsqu'aucune alternative n'existe ou quand le pesticide a expressement reçu une autorisation de pulvérisation. Le projet interdit également, sauf exception, l'utilisation des pesticides dans les parcs, jardins publics, cours de récréation, et autour des hôpitaux.

Ces mesures devraient améliorer la protection de la santé des citoyens et de leur environnement par rapport à la situation actuelle, mais les eurodéputés ont largement reculé par rapport aux recommandations de leur commission Environnement.

Ils ont par exemple écarté l'idée d'interdire l'application des pesticides dans une zone tampon de 10 mètres autour de tous les cours d'eau, tout comme la notion d'objectifs généraux chiffrés de réduction de l'utilisation des produits (moins 25% sur 5 ans, moins 50% sur 10 ans).

Ce recul a été vivement dénoncé par certains députés qui ont dénoncé l'influence des industriels du secteur. "L'attitude de vote du centre-droit a été absolument scandaleuse. J'ai été choqué qu'ils fassent passer les intérêts de l'industrie agro-chimique avant la santé des gens et l'environnement", a ainsi dénoncé le socialiste danois Dan Jorgensen. (...)

 "Le grand truc aujourd'hui, c'est de dire qu'on n'arrivera pas à nourrir la population mondiale sans pesticides, mais c'est le contraire", a rétorqué la Verte française Marie-Anne Isler-Béguin, estimant que la sur-utilisation de pesticides rendait les insectes plus résistants.

Ces deux votes en première lecture ont reflété ces enjeux contradictoires entre citoyens, industries chimiques ou agriculteurs. Nombre d'amendements ont ainsi été adoptés à une majorité très courte, parfois moins de 10 voix. Cette division des eurodéputés annonce une bataille difficile lors de la
deuxième lecture, pour laquelle la majorité qualifiée sera exigée. Mais avant, les deux textes seront examinés par les 27 pays membres, probablement avant la fin 2007.

Source : http://www.agrisalon.com/06-actu/article-19351.php


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