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Les abeilles à la peine, les apiculteurs inquiets

Victimes de parasites, de la pollution par les pesticides, ou du bouleversement de leurs habitats naturels, les abeilles disparaissent par millions, et les apiculteurs sont inquiets malgré un répit l'an dernier.

"On estime qu'autour de 30% des espèces d'abeilles sont en danger en Europe. C'est considérable", commente Bernard Vaissière, chargé de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). On compte un millier d'espèces différentes d'abeilles en France, dont l'abeille domestique, et 20.000 dans le monde. Au cours des dernières années, un effondrement des colonies d'abeilles domestiques a été observé en France, en Belgique et aux Etats-Unis, avec des taux de mortalité atteignant 30 à 50% à la sortie de l'hiver contre 5 à 10% en temps normal, précise-t-il.

En France cependant, la mortalité des abeilles est redescendue l'hiver dernier à un niveau proche de la normale, "pour la première fois depuis très longtemps", selon l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) qui représente environ 50% des apiculteurs. Les avis divergent sur les raisons de ce retour apparent à la normale - simple répit dû à un hiver plus doux ou effet bénéfique de l'interdiction des insecticides Régent et Gaucho? En France, quatrième pays utilisateur de pesticides au monde, l'utilisation de ces deux insecticides, soupçonnés d'empoisonner les abeilles, a suscité une vive polémique. Leur utilisation a finalement été interdite sur certaines cultures.

Mais en donnant récemment son feu vert à un nouveau pesticide - le Cruiser - le ministère de l'Agriculture a relancé le débat. Les représentants de la filière apicole et les écologistes dénoncent cette décision qui, selon eux, bafoue le principe de précaution. Certains estiment que l'hiver 2007-2008 ne se présente pas bien: "Les premières observations hivernales de terrain sur l'état sanitaire des ruches en France sont catastrophiques: les mortalités vont de 5 à 90% des ruches" s'alarme Pierre Testu, du Réseau Biodiversité pour les abeilles.

L'Unaf est nettement plus optimiste: "Nous n'avons pour l'instant enregistré aucune déclaration importante de sinistre", précise une porte-parole. Le déclin des abeilles observé au cours des dernières années pourrait s'expliquer par plusieurs causes, estime Bernard Vaissière. "Il est difficile d'imaginer que les insecticides comme le Régent et le Gaucho n'ont aucun impact", avance-t-il. "C'est clair que les insecticides se retrouvent dans le pollen et le nectar. Je ne vois pas comment on pourrait éviter que les pollinisateurs les consomment", fait-il observer.

Mais la raréfaction des ressources avec le développement des monocultures, et l'apparition de maladies pathogènes parasitaires (Varroa destructor, Nosema ceranae) ou virales (Israeli Acute Paralysis Virus) ont également joué un rôle, ajoute-t-il. Et les abeilles doivent également compter avec une nouvelle menace: le frelon asiatique (Vespa-velutina), prédateur redoutable arrivé en France en 2005 et qui fait des ravages dans les ruches du Sud-Ouest. Au delà, certains apiculteurs recommandent le développement de "jachères apicoles" où les abeilles pourraient butiner à loisir leurs fleurs préférées. "Les abeilles assurent 80% des espèces végétales par pollinisation, soit 35% des ressources alimentaires mondiales. On ne peut pas ne pas en tenir compte", plaide Béatrice Robrolle-Marcy, présidente de Terre d'abeilles.

Source : AFP

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